21 février 2008

L.2. Ethnographie de l'action

Un exercice d'ethnographie de l'action : redécouvrir Les mots, la mort, les sorts Nous présentons ici un dossier (version abrégée) réalisé par Leslie Juillet en 2004-2005 pour un cours (3ième année de licence) "Enquête de terrain" (donné par A. Piette au Département de Sociologie de l'Université d'Amiens). Le travail de Leslie Juillet consiste à relire le livre de Jeanne Favret-Saada (Les mots, la mort, les sorts, Paris, Gallimard, 1977) à partir des modes de l'opération sociologique et de l'enquête de terrain, analysé... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:40 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

21 février 2008

Introduction

En 1977, l’ouvrage Les mots, la mort, les sorts, de Jeanne Favret-Saada bouleversait le pan méthodologique des sciences sociales. En effet, cette enquête débutée en 1969 dans le Bocage normand déplaçait la mesure de l’implication du chercheur dans l’ethnographie. Mais selon nous, les maintes exégèses établies à propos de ce travail de terrain isolent ce dernier par l’étiquette de son objet : la sorcellerie. Le but de notre réflexion consiste à faire émerger une originalité nouvelle, en prenant au sérieux l’enchaînement des étapes de... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 février 2008

I. La formulation de l'objet d'étude : des concepts et des focales "Dire" l'objet avant de le voir, le commencement d'une recherche Avant même de découvrir la réalité sur laquelle il va travailler pendant souvent de longues années, le sociologue ou l’ethnologue dispose de son histoire, de ses outils scientifiques et conceptuels. Ses sentiments, ses ambitions et ses craintes orientent déjà son travail. Avant même de « voir » véritablement, le chercheur a déjà sa vision du monde, scientifique ou humaine. L’histoire... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 février 2008

Du topique à l'absence d'informations « La sociologie se donne l’objectif de construire, à partir des données dont dispose le chercheur, un objet qui soit pertinent ou caractéristique, devant respecter, quelque soit la méthode utilisée, un ou plusieurs des éléments typiques ou essentiels de la réalité empirique. » (Piette, 1996 : p 22). De la même manière, nous pensons que les sciences sociales sont pointilleuses quant au principe de topicalité. Les six premiers mois sur le terrain, Jeanne Favret- Saada accumule les rendez-vous... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 février 2008

La dimension partagée de l'objet, et les espaces pluriels de la sorcellerie Dans les sciences sociales, il va de soi que l'objet de recherche doit se trouver communément partagé par le groupe étudié. Des hommes et des femmes sont revêtus de normes, de coutumes, de traditions, de comportements ou d’actions spécifiques en tant qu’ils les partagent dans un espace limité. Ce qui nous pose problème est la focalisation habituelle des chercheurs sur la dimension partagée de l’objet, en la prenant comme point de départ pour orienter leur... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 février 2008

Du savoir des hommes à l'action des hommes de savoir Là où se trouve le point d’asymétrie entre la façon dont la chercheuse conçoit son objet et les théories classiques des sciences sociales n’est pas une question de focale sur l’individu ou sur le collectif, mais bien la coutume en sciences sociales de ne privilégier que la dimension sociale et culturelle dans leur objet d’étude et de gommer ce qui ne convient pas à ces figurations pertinentes et typiques. Les auteurs, qui pour aller à l’encontre de l’ « homo sociologicus »... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 février 2008

II. Le chercheur sur son terrain : entre observation et action Dans certains ouvrages de genre monographique, la pratique ethnographique semble triviale, comme s’il suffisait pour le chercheur avec son savoir- faire méthodologique d’aller dans un ailleurs, vivre un long moment avec une altérité, observer et prendre des notes dans le but de construire un compte- rendu scientifique. Dans cette seconde partie, en interrogeant précisément la pratique ethnographique de Jeanne Favret-Saada tout au long de son travail d’enquête, nous... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 février 2008

L'observation d'une culture Nous nous appuierons pour illustrer ce modèle sur l’ethnographie de Bronislaw Malinowski, à qui est attribuée couramment la notion d’ « observation participante ». Cette expression nous semble aujourd’hui autant banale qu’illusoire. Or, à la publication des Argonautes du Pacifique occidental en 1922, elle réaménage le pan méthodologique en ethnologie. En menant son enquête in situ dans les îles trobriandaises pendant plusieurs années, Malinowski témoigne de l’importance d'effectuer des "plongeons... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:33 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
21 février 2008

Le modèle interactionniste Évidemment, Jeanne-Favret Saada ne fait nulle référence à ce courant sociologique de l’École de Chicago, qui était à la même période en plein essor aux États-Unis. Pourtant, si nous imaginons dans ce contexte du début des années soixante –dix, une ouverture dynamique entre la sociologie interactionniste américaine et l’ethnologie française, nous avons quelques raisons de penser que la démarche ethnographique de Jeanne Favret- Saada aurait été conçue et reçue dans un cadre scientifique d’une envergure... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
21 février 2008

III. L'écriture ethnographique La présence de l'ethnologue Il est bien connu que Les mots, la mort, les sorts se veut un texte où le « je » de Jeanne Favret- Saada prend une place non négligeable. Ce « je » est d’autant plus important qu’il situe à la fois une femme qui a vécu une succession d’épreuves dans un lieu et un temps donné, et l’écrivain qui s’adresse à son lecteur. Dans la précision constante par l’ethnographe, du lien actif entre sa présence et ses descriptions, s’explicitent ses opinions, ses sentiments, ainsi que... [Lire la suite]
Posté par phenomenographie à 14:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]